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Activisme numérique : un grand pouvoir implique une grande responsabilité

Nous vivons dans un monde où les mouvements politiques naissent dans les sections de commentaires, où les grèves commencent par un tweet et où chacun, même un enfant équipé d’un smartphone, peut déclencher un changement global. Un hashtag peut sensibiliser, une courte vidéo peut dénoncer une injustice, un mème peut critiquer le pouvoir. À l’ère de la citoyenneté numérique, l’une de ses expressions les plus puissantes est l’activisme en ligne.

Il ne s’agit pas seulement de se plaindre, mais de participer. Ce phénomène en ligne est appelé activisme en réseau (Bennett & Segerberg, 2012). Des individus décentralisés se rassemblent pour des causes communes en utilisant des outils numériques. Contrairement à l’activisme traditionnel, qui nécessite souvent des organisations formelles, l’activisme numérique est dispersé sur de vastes territoires, rapide et alimenté par l’émotion.

Slacktivisme ou catalyseur d’action hors ligne ?

Dans la culture en ligne, le contrepoint de l’activisme en ligne est appelé Slacktivisme – l’idée que le fait d’aimer un message ou de partager un hashtag donne un faux sentiment d’accomplissement sans impact réel. 

Malgré cette notion, les actions en ligne peuvent vraiment être une passerelle vers un engagement plus profond. Une étude de l’université Tufts (2018) a révélé que les personnes qui s’engageaient politiquement en ligne étaient trois fois plus susceptibles de prendre des mesures hors ligne par la suite, comme faire un don, manifester ou contacter des représentants. Le fait d’aimer et de partager des contenus liés à l’activisme stimule également l’engagement, ce qui se traduit finalement par une plus grande sensibilisation à ces sujets.

Manipuler les masses

L’activisme numérique sans esprit critique peut devenir une arme à double tranchant. Nous pourrions penser que nous amplifions la justice, alors qu’en fait, nous diffusons un canular ou une indignation mal placée. Cela est d’autant plus préoccupant que la désinformation se propage six fois plus vite que la vérité sur les plateformes sociales (Vosoughi, Roy & Aral, 2018). Par conséquent, pour être un activiste responsable aujourd’hui, il faut se poser les questions suivantes :

  • Qui a créé ce contenu, et avec quelle intention ? L’auteur est-il digne de confiance ?
  • Puis-je vérifier ce message auprès d’une autre source crédible ?
  • Des preuves sont-elles fournies ? Y a-t-il des statistiques, des citations ou des liens vers des recherches ? Les sources sont-elles citées ou s’agit-il simplement d’opinions ?
  • Ce contenu est-il chargé d’émotions, ou repose-t-il sur des faits ? Vise-t-il à informer, ou simplement à susciter l’indignation ou la peur ? 
  • Quels sont les biais cognitifs susceptibles de m’influencer ? Suis-je plus enclin à croire cela parce que cela s’aligne sur mes opinions ? (S’agit-il d’un biais de confirmation dans la pratique ?)

L’activisme numérique, une arme à double tranchant

L’activisme numérique est puissant, mais ce pouvoir s’accompagne de responsabilités. Un commentaire peut déclencher un mouvement social positif, tel que le ralliement à une bonne cause, ou déclencher une traînée de poudre d’informations erronées qui induisent les autres en erreur. En d’autres termes, le partage d’un message peut amplifier une bonne cause ou causer du mal, intentionnellement ou non.

Qu’il s’agisse de partager, d’aimer ou de commenter, nous sommes capables de façonner le discours public à chaque clic. C’est pourquoi, lorsque nous sommes furieux, nous devrions faire preuve de curiosité avant de réagir. N’oubliez pas de vérifier avant d’amplifier.

Chez Digicity, nous pensons que les jeunes ont le potentiel pour devenir des citoyens numériques réfléchis et influents. Notre objectif est de les aider à utiliser leur voix de manière responsable et active en ligne. Grâce à des jeux, des guides et des expériences interactives, nous aidons les professionnels de l’éducation et de la formation à doter les jeunes des compétences dont ils ont besoin pour participer aux espaces numériques en toute sécurité, en toute connaissance de cause et de manière significative. Car lorsqu’il est utilisé avec précaution, l’activisme numérique peut contribuer à faire du monde en ligne et hors ligne un meilleur endroit pour tous.

Curieux de savoir comment vous pouvez faire partie de ce voyage ? Consultez notre matériel et voyez ce que nous construisons ensemble avec Digicity !

Bibliographie: