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L’empathie numérique : une culture du respect en ligne


À une époque où la plupart de nos communications quotidiennes se font par l’intermédiaire d’écrans, il est facile d’oublier que derrière chaque message, commentaire ou tweet se cache une personne réelle – avec des sentiments, des expériences et des vulnérabilités. La vitesse de l’internet, les algorithmes qui alimentent le sensationnalisme et l’illusion de l’anonymat nous conduisent souvent à des réactions impulsives, à des critiques et parfois à des mots cruels que nous ne dirions jamais face à face. Alors, que pouvons-nous faire pour que les espaces en ligne ne soient pas seulement fonctionnels, mais aussi favorables et sûrs ? En d’autres termes, comment conserver l’empathie dans ce monde en constante évolution ?

L’empathie est la capacité de comprendre et de partager les sentiments des autres. Dans un contexte numérique, elle revêt de nouvelles formes et de nouveaux défis. L’empathie numérique implique un effort conscient pour reconnaître les émotions des autres utilisateurs d’Internet et y répondre avec respect, attention et compassion – même lorsque nous ne pouvons pas les voir, les entendre ou les connaître.

Dans la communication en face à face, nous nous appuyons sur de nombreux indices : le ton de la voix, le langage corporel, les expressions faciales. En ligne, en revanche, nous dépendons souvent uniquement du texte, qui peut être facilement mal interprété. Il y a aussi la distance psychologique, qui nous fait oublier que la personne de l’autre côté de l’écran a des émotions et des limites.

Le psychologue John Suler, dans son travail sur « l’effet de désinhibition en ligne », explique pourquoi les gens disent des choses en ligne qu’ils ne diraient jamais en personne – parce qu’ils se sentent « invisibles », au-delà de toute responsabilité et de toute conséquence. Cette « invisibilité » érode les limites de l’empathie. Et c’est précisément la raison pour laquelle l’empathie numérique n’a jamais été aussi importante.

L’empathie numérique implique :

  • Être conscient de ses mots et de leur impact,
  • Écouter (ou lire) attentivement,
  • S’abstenir de commentaires impulsifs et moralisateurs,
  • Exprimer son désaccord sans être offensant..

Au fond, l’empathie numérique est un appel à faire preuve d’humanité, même lorsque l’on communique par l’intermédiaire de pixels et d’écrans.

Pourquoi le respect sur Internet est-il menacé ?

Dans le monde en ligne, le respect ne disparaît pas par hasard. C’est souvent une conséquence du fonctionnement de l’espace numérique. Une combinaison de facteurs psychologiques, techniques et culturels crée un environnement où il est plus facile d’attaquer que de comprendre, et de se moquer que de dialoguer.

  1. Les facteurs psychologiques : Le sentiment d’anonymat et de distance

Comme le décrit le psychologue John Suler, les utilisateurs d’Internet font souvent l’expérience de la désinhibition en ligne – le phénomène par lequel nous nous sentons « plus libres » de dire des choses grossières ou agressives parce que nous ne sommes pas en contact direct avec la personne à laquelle nous nous adressons. L’anonymat et la distance physique éliminent les contraintes émotionnelles

« Les personnes en ligne ne se sentent pas responsables de la même manière que dans la vie réelle. » – Mary Aiken, The Cyber Effect

  1. Les facteurs techniques : Les algorithmes qui récompensent les conflits

Les réseaux sociaux sont conçus pour maximiser l’engagement. Ce qui génère le plus de commentaires, de clics et de partages n’est généralement pas la compassion, mais la colère, la controverse et le sensationnalisme. C’est pourquoi les commentaires les plus « bruyants » sont souvent les plus rudes.

Vous remarquerez que peu de gens aiment les commentaires calmes et raisonnables, mais un débat houleux avec des insultes ? Il devient viral en un rien de temps

  1. Les facteurs culturels : La normalisation de l’intolérance

Dans la culture numérique (en particulier chez les jeunes utilisateurs), le sarcasme, le trolling et la « cancel culture » sont des formes d’expression courantes. Cela crée une atmosphère où l’empathie est considérée comme une faiblesse et le respect comme « ennuyeux ».

Le résultat ? Un monde où les utilisateurs sont plus enclins à attaquer qu’à comprendre. Nous perdons la nuance, la patience et notre humanité.

Que peut-on faire ?

Maintenant que nous avons expliqué ce qu’est l’empathie et pourquoi elle s’éloigne lentement de nos écrans, la question logique est de savoir ce que nous, en tant qu’utilisateurs quotidiens, pouvons faire pour nous assurer que nos espaces numériques offrent suffisamment de gentillesse et de soutien. Notre prochain article abordera la question de la culture de l’empathie numérique, alors ne manquez pas de le consulter dès sa publication !